20 ans de la FAE : une histoire de confiance au service des entreprises genevoises
Depuis 2006, la Fondation d’Aide aux Entreprises accompagne les PME genevoises dans leurs projets, leurs phases de développement comme dans les périodes plus difficiles. Née du rapprochement de plusieurs dispositifs de soutien préexistants, la FAE est devenue en deux décennies un acteur reconnu de l’écosystème économique genevois. Retour sur une histoire construite autour d’une même ambition : faciliter l’accès au financement, préserver les emplois et contribuer à la vitalité du tissu économique du canton.
Une ambition commune pour mieux soutenir les entreprises
La FAE n’est pas née de rien. Son histoire s’inscrit dans une tradition genevoise de soutien aux entreprises qui remonte à plusieurs décennies. En 1938, l’Office genevois de cautionnement mutuel pour commerçants et artisans voit le jour. Près de soixante ans plus tard, la Loi sur l’aide aux petites et moyennes industries, puis la Fondation Start PME en 1998, viennent compléter les dispositifs existants. Trois structures, trois cultures et des publics différents, mais une même volonté : permettre aux entreprises genevoises d’accéder aux moyens nécessaires à leur développement.
En 2006, ces dispositifs sont réunis au sein d’une seule fondation : la Fondation d’Aide aux Entreprises. Une décision qui, avec le recul, peut sembler évidente. Elle ne l’était pourtant pas à l’époque.
Philippe Lathion, premier président de la FAE, se souvient d’une période de transition particulièrement exigeante, durant laquelle il a fallu faire converger des organisations qui avaient chacune leur histoire, leurs équipes et leurs habitudes.
« Au final, ça s’est fait, ça s’est même bien fait, et je crois que ça s’est fait d’abord parce que toutes ces entités ont placé l’intérêt de l’économie de Genève avant leur propre intérêt. »
Cette capacité à dépasser les intérêts individuels pour construire un outil commun constitue probablement l’un des premiers marqueurs de l’ADN de la FAE.
Faciliter l’accès au financement, concrétiser les projets
Dès ses débuts, la mission de la FAE est claire : faciliter l’accès au financement pour les entreprises qui ne trouvent pas toujours de réponse suffisante auprès du secteur bancaire.
En 2007, la création du Cautionnement romand renforce encore cette mission. La FAE devient l’antenne genevoise du dispositif et donne ainsi l’accès aux entreprises du canton aux solutions du cautionnement fédéral.
Au fil des années, les outils se diversifient et s’adaptent aux besoins du tissu économique : cautionnement, avances de liquidités, participation au financement ou encore mandats d’expertise. Mais derrière ces dispositifs, l’objectif reste le même : permettre à une entreprise de franchir un cap. Investir dans de nouveaux locaux, développer une activité, financer une croissance, traverser une période difficile ou préparer une transmission : derrière chaque dossier se trouve un projet entrepreneurial et, souvent, des emplois à préserver.
Une entreprise accompagnée lors des 20 ans de la FAE l’a résumé avec une image particulièrement parlante :
« La FAE, c’était un peu le coussin en bas de la falaise. »
Cette confiance peut permettre à un entrepreneur de prendre le risque nécessaire pour avancer, tout en donnant aux partenaires financiers un cadre permettant de rendre le projet réalisable.
Une relation de confiance avec les banques
Le rôle de la FAE ne consiste pas à se substituer aux banques. Il repose au contraire sur une complémentarité entre les différents acteurs du financement. Au fil des années, les relations avec les établissements bancaires se sont considérablement développées. La FAE collabore aujourd’hui avec l’ensemble des établissements actifs sur la place genevoise.
Pour Patrick Schefer, directeur de la FAE, cette collaboration est indispensable :
« Si on attribue un cautionnement et qu’il n’y a aucune banque, le soutien n’aura aucun impact, car l’entreprise ne bénéficiera d’aucun financement. »
Le principe est donc celui d’une responsabilité partagée : la banque finance, la FAE peut intervenir pour faciliter l’opération et contribuer à limiter le risque, tandis que l’entreprise bénéficie des moyens nécessaires à la réalisation de son projet. Une logique gagnant-gagnant qui prend toute son importance dans un environnement où l’accès au financement s’est progressivement complexifié.
Quand l’économie traverse une crise, la FAE répond présente
L’histoire de la FAE est aussi celle des crises économiques traversées par les entreprises genevoises.
En 2015, dans le contexte du franc fort, la Fondation développe notamment de nouvelles possibilités de prêts afin d’aider les entreprises à s’adapter à ce nouvel environnement.
Puis survient 2020. La crise du Covid-19 constitue un véritable test grandeur nature pour la Fondation. En quelques jours, la FAE doit être en mesure de répondre à une demande sans précédent, avec une équipe restreinte et des responsabilités considérables. Au total, plus de 30 millions de francs sont alors accordés à 503 entreprises, permettant de soutenir 3’741 emplois.
Pour Patrick Schefer, cette période reste à la fois l’un des moments les plus difficiles et l’une des grandes fiertés de ses années à la tête de la FAE :
« Le fait d’avoir été en mesure en quelques jours d’être opérationnel, dans un contexte quand même très difficile et de gérer de tels volumes, c’est quelque chose dont je suis assez fier. »
Cette période a également changé la perception de la Fondation. De nombreuses entreprises qui ne connaissaient pas encore la FAE ont découvert son rôle et son utilité.
Vingt ans plus tard, une FAE différente… mais fidèle à son ADN
Si l’environnement économique a profondément changé, l’ADN de la FAE, lui, demeure.
Pour Me Caroline Ferrero-Menut, présidente actuelle, les dossiers présentés à la Fondation sont aujourd’hui plus complexes. Structures juridiques plus élaborées, évolutions réglementaires, conséquences de la crise sanitaire, situations de liquidation ou de faillite : l’analyse des risques demande des compétences toujours plus pointues. Cette complexification a également renforcé la cohésion et les compétences du Conseil de fondation et de l’équipe. Mais au-delà des outils et des procédures, certaines caractéristiques demeurent inchangées.
« Une approche entrepreneuriale, une bonne dose de flexibilité et une réactivité vis-à-vis des besoins des entrepreneurs, ça a toujours été dans l’ADN. »
C’est également ce qui a contribué à faire évoluer l’image de la Fondation.
Patrick Schefer évoque avec humour une époque où venir à la FAE pouvait être comparé à « venir chez le dentiste » : nécessaire, mais pas forcément agréable. Aujourd’hui, il estime que la Fondation bénéficie d’une réputation de professionnalisme, de sérieux et d’efficacité, tout en étant davantage ouverte au dialogue avec les entreprises.
Une mission publique au cœur de l’économie genevoise
La FAE est une fondation publique soutenue par le canton de Genève. Son action s’inscrit donc dans une vision plus large de la politique économique cantonale : favoriser une économie diversifiée, préserver les emplois et permettre aux entreprises de se développer malgré les obstacles qu’elles peuvent rencontrer.
Lors de la soirée anniversaire, la conseillère d’État Delphine Bachmann a rappelé la place désormais occupée par la FAE dans cet écosystème :
« En 20 ans, la FAE devient un acteur incontournable du tissu économique genevois. »
Elle a également souligné l’importance des PME pour la résilience du canton, en rappelant que 95 % des entreprises genevoises comptent moins de 50 emplois.
Pour l’État, les banques et les acteurs de l’accompagnement, soutenir ces entreprises revient donc à préserver une économie diversifiée, capable de résister aux crises et de se renouveler. La FAE intervient précisément à cet endroit : là où un financement peut faire la différence entre un projet qui reste au stade de l’idée et une entreprise qui peut poursuivre son développement.
Prendre des risques, mais des risques maîtrisés
Cette mission implique une responsabilité particulière. La FAE accompagne des entreprises qui, précisément, ne répondent pas toujours aux critères classiques du financement bancaire. Elle doit donc accepter une part de risque. Mais prendre des risques ne signifie pas les ignorer.
Me Caroline Ferrero-Menut le rappelle :
« Si la FAE décide de ne plus prendre aucun risque, alors elle ne sert plus à rien. Notre mission première, c’est d’évaluer les risques et de s’engager lorsque c’est justifié. »
Chaque dossier est ainsi analysé sous différents angles : viabilité du projet, capacité de l’entreprise, niveau de risque, mais également impact potentiel sur l’économie genevoise et les emplois. Cette approche permet à la Fondation de concilier deux impératifs : être suffisamment audacieuse pour accompagner les entreprises qui en ont besoin, tout en restant suffisamment rigoureuse pour préserver les ressources publiques qui lui sont confiées.
20 ans d’impact, et une ambition intacte
En deux décennies, le bilan est significatif : plus de 340 millions de francs investis en soutien à l’économie locale, plus de 1’440 entreprises accompagnées et plus de 19’000 emplois soutenus, pour un taux de réussite de 92 %.
Mais au-delà des chiffres, ces 20 années racontent surtout une multitude d’histoires entrepreneuriales.
Des entreprises qui ont pu investir.
Des projets qui ont pu se concrétiser.
Des activités qui ont traversé des périodes de crise.
Des emplois qui ont été créés ou préservés.
Des savoir-faire qui ont pu être transmis.
Et derrière ces résultats, une équipe de neuf personnes et un Conseil de fondation qui portent quotidiennement cette mission.
Et pour les 20 prochaines années ?
Les défis seront nombreux : évolution des modèles économiques, complexification des entreprises, transformation du paysage bancaire, nouvelles exigences réglementaires et nécessité de continuer à répondre rapidement aux besoins des PME.
Pour Me Caroline Ferrero-Menut, l’un des enjeux essentiels sera de préserver la confiance des banques, le soutien politique et la capacité d’action de la Fondation.
Un autre défi demeure : faire mieux connaître la FAE auprès des entreprises genevoises. Car si la crise sanitaire a permis à de nombreuses PME de découvrir son existence, la Fondation souhaite continuer à développer sa visibilité et ses liens avec l’ensemble de l’écosystème économique.
La soirée des 20 ans a ainsi été l’occasion de regarder en arrière, mais surtout de rappeler pourquoi la FAE existe.
Comme l’a résumé Delphine Bachmann :
« La diversité du tissu économique genevois est la garante de sa résilience. »
Depuis 20 ans, la FAE contribue à cette diversité en donnant aux entreprises les moyens de poursuivre leur chemin, en collaboration étroite avec les banques, les partenaires économiques et les pouvoirs publics.
20 ans de projets. 20 ans de rencontres. 20 ans de confiance.
Et une ambition qui reste intacte pour les années à venir : continuer à être aux côtés des entreprises genevoises lorsque le financement peut faire toute la différence.